Restauration d'un 420

Texte de Nicolas Guichet. Janvier 2003

 

Voici les travaux que j'ai entrepris après avoir acheté le 420 Lanaverre n°17116. Je précise que c'est mon premier dériveur et que je ne donne ici que mes idées et expériences de débutant en matière de restauration.

Voulant naviguer rapidement, j'ai avant tout changé le gréement dormant qui présentait des traces d'usure. Le reste est venu au fil des saisons, pour avoir un bateau plus propre, plus sûr, plus rapide, plus pratique...

Gréement dormant

Pour des questions de budget, j'ai choisi de garder le mât (aluminium) d'origine, malgré quelques traces d'oxydation. J'ai donc démonté l'étai et les deux ensembles hauban/trapèze qui sont réalisés avec le même cable. Il est important de garder ces cables pour servir de modèle (longueur, type de ferrure...) pour le gréement neuf. J'ai fait réalisé le mien chez AG+ (94). Dans mon cas, ces trois cables se terminent par une boucle ; un boulon traverse le mât au niveau du capelage et passe dans ces boucles. Il y a beaucoup d'autres systèmes.

Par la suite, une des barres de flèche d'origine, de section ovale aplati, a fini par casser. Par chance, les nouveaux profils, plus larges et plus plats s'adaptent assez bien sur l'ancienne platine. J'ai coupé les nouvelles barres à la longueur des anciennes, un trou, un axe, un anneau et le tour est joué. Il y a toujours un peu de jeu bien sûr...

Mes cadènes n'avaient pas de jeu. En revanche, j'ai dû resserer la ferrure d'étai, sur l'étrave. Les boulons sont solidaires de la pièce. On place les écrous sur une contreplaque, en se glissant sous le pontage avant. Cette ferrure caractéristique se trouve dans les catalogues.

J'ai aussi rajouté quelques taquets et coinçeurs (clam-cleat) dans le bas du mât pour ranger mes drisses à ma convenance.

Drisses

Les drisses de foc et GV circulaient mal à l'intérieur du mât, les ajûts (liaisons câbles/textile) coinçaient... J'ai tout changé à l'identique. J'aurai pu choisir des drisses réalisées dans un nouveau matériau, ce qui supprime l'ajût, mais je manquais de renseignements. La drisse de spi, elle, est entièrement textile.

Attention, en dépassant (enlevant) les drisses, n'oublier pas d'accrocher à leur extrémité des messagers : c'est un tout petit fil que se met en place sur le trajet exact de chaque drisse ; ils vous serviront à faire passer vos drisse neuves..! Au passage, j'ai nettoyé, lubrifié ou carrément changé les réas. J'ai aussi supprimé la pièce de sortie de drisses (face arrière du mât) ; un espèce de filoir mal fichu dont les rivets étaient "bouffés". Depuis, les drisses de foc et de GV sortent du mât par une ouverture rectangulaire et nue. L'étarquage, qui se fait frappant la boucle d'ajût sur des crémaillères, ne pose pas de problème et je n'ai pas remarqué d'usure particulière à ce point.

Rivets

D'une façon générale, il faut vérifier tous les rivets. Il ne doit pas y avoir de jeu. Dans le cas contraire, il faut remplacer : on fait sauter la tête en perçant lentement avec une mèche de même diamètre. Attention à ne pas attaquer la pièce d'accastillage. Il est parfois nécessaire de mettre à la place un rivet un peu plus gros. Un conseil : n'achetez pas une pince à rivet bas de game ! Attention aussi, dans vos solutions de restauration, à ne pas multiplier les perçages dans une même zone du mât.

Ecoutes

On les change un jour, parce qu'elles sont sales, usées, lourdes... Ca ne pose pas de problème.

Divers

Trappe sur le tableau arrière : attention si vous en commandez une. Il existe deux modèles symétriques mais sur les Lanaverre, c'est toujours à gauche. Si la surface du tableau est très plane, le film radio avec un scotch toilé comme charnière donne aussi de bons résultats.

Taud : investissement essentiel, surtout si le bateau couche dehors. Il restera toujours sec et propre. Comptez 150 euros.

Vernis

J'apprécie cette petite présence de bois sur mon 420. Ca nous rattache aux grands yachts classiques ! Quand le vernis des listons est écaillé, quand on voit le bois qui commence à noircir, il faut y aller. Le tableau arrière posssède également une pièce de contreplaqué qui est très vulnérable.

Vernis marin extérieur (il y a le choix). J'ai d'abord enlevé le vieux vernis en grattant et ponçant ce qui voulait bien tomber, sans trop forcer pour ne pas enlever du bois.

Pour le safran, j'ai d'abord démonté la tête et repris les bords d'attaque et de fuite qui présentaient quelques creux. Pour la barre, j'ai démonté les taquets et le stick.

Pour la dérive, j'ai dû reprendre toute l'extémité inférieur du bord d'attaque. C'est toujours là où ça tape en premier. Le contreplaqué était à nu par endroit et commençait à s'émietter tellement l'eau avait décollé les plis. Prenez le temps de sortir la dérive complètement pour faire un travail correct. Ca permet aussi de nettoyer l'intérieur du puits de dérive et de vérifier l'axe.

Ensuite, 4 couches pour tout le monde, espacées de plusieurs jours, avec un ponçage de plus en plus fin à chaque fois. J'ai terminé avec du grain 600 à l'eau.

Une astuce : pour vernir à plat et éviter traces et coulures, j'ai posé mes pièces sur 4 rivets insérer dans la charnière de trétaux ; ainsi, les points de contact sont minimes.

Polish !

Avec des appendices aussi splendides, la carène vous paraît alors bien sale. Je ne me suis pas encore lancé dans la reprise du gel-coat et le mastic polyester. En attendant, j'ai tout lessivé et passé un polish sur la carène, sur le pont et les caissons ; partout où il y a des surfaces lisses de polyester. C'est magique ! Mon bateau était bleu sale, terni, blanchi, le gel-coat lui redonne une couleur chaude, un fini brillant et lisse. C'est vraiment spectaculaire. C'est juste long à faire. Il faut frotter assez longtemps et la lustreuse électrique que j'ai essayé ne m'a pas paru très efficace. Le produit que j'ai utilisé est un polish de rénovation automobile sans silicone, marque Abel-autos, flacon de 1 litre. J'appliquerais ensuite une cire lustrante pour protéger le tout et éviter l'encrassage.

Sur les lèvres

J'avais des lèvres de caoutchouc maintenues par des lattes d'aluminium vissées ; c'était bien abîmé. Plutôt que du terphane fragile, j'ai racheté des lèvres caoutchouc, qui ont maintenant une latte interne ; je les ai collées au néoprène, avec quand même une vis à chaque extrémité.

Et voilà, bon courage !